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La
gare du quartier de Shinjuku, dans la partie ouest de Tôkyô, est
la gare la plus active du Japon avec un trafic journalier de près de 1,3
millions de voyageurs. Elle s'étend sur six étages dont cinq en sous-sol
qui forment un immense centre commercial. La partie ouest de Shinjuku
est le district des affaires. Les buildings les plus èlevés du Japon s'y
dressent. Six gratte-ciel ont plus de 200 m de hauteur; notamment l'hotel
de ville de Tôkyô regroupant les bureaux administratifs du gouvernement
de Tôkyô mesure 243 m de haut. Ce bâtiment, bien que très controversé,
est une fierté nationale. Il est l'oeuvre de l'architecte Kenzo Tange
et fut construit en 1991. Le gigantisme de l'oeuvre symbolise le Japon
économiquement triomphant de la fin des années 80 et son style futuriste
(évoquant une version high-tech de la cathédrale "Notre-Dame" de Paris)
la promesse d'un avenir économique radieux pour le 3e millénaire... Sa
plate-forme d'observation, accessible au public, offre une vue panoramique
sur Tôkyô. Chaque fin d'année une loterie est organisée, désignant les
heureux privilégiés qui pourront admirer, le 1er janvier à l'aurore, le
premier lever de soleil de l'année du sommet du gratte-ciel gouvernemental.
A la sortie ouest de la gare de Shinjuku, à deux pas des tours municipales,
symbole de la puissance économique du Japon, une centaine de "sans abri"
sont installés dans des boîtes en carton joliment décorées. Depuis des
années les autorités de la ville tentent en vain de les déloger; chaque
intervention policière se heurte aux militants de diverses associations
humanitaires.
Shinjuku est célèbre pour ses quelques magasins vendant du matériel hifi
et vidéo à des prix très intéressants et pour son quartier chaud: Kabukichô.
Estaminets très sélects, cabarets, petits restaurants, salles de jeux,
sex shops, bars, discothèques et clubs privés y abondent. Une partie du
quartier (nichôme) est un lieu de rencontre pour homosexuels...
Le soir Kabukichô grouille d'hommes d'affaires qui, après le travail,
viennent s'y délasser avec leurs collègues ou conclure des affaires dans
des bars à "hôtesses" très onéreux, avant de rentrer chez eux tard dans
la nuit en banlieue de Tôkyô.
Shinjuku a un long passé de quartier licencieux. En effet, c'est à la
toute fin du 17e siècle que ce quartier fut aménagé par cinq tenanciers
de bordels désireux de développer leurs affaires déjà florissantes dans
le quartier "des plaisirs" d'Yoshiwara. Shinjuku (littéralement "nouveaux
logements"...) servait alors de poste-relais sur la route Koshû Kai amenant
à Edo des voyageurs venant du centre du pays. L'endroit, devenu rapidement
mal famé, fut fermé par les autorités shôgunales en 1718. Mais les affaires
reprirent aussitôt tant elles étaient juteuses... Et dès le milieu du
18e siècle, Shinjuku comptait pas moins de 50 auberges plus ou moins recommandables...
Le quartier resista fort bien au tremblement de terre qui ravagea la plaine
du Kantô en septembre 1923 mais fut entièrement détruit le 25 mai 1945
au cours d'une attaque aérienne massive de bombardiers américains. C'est
seulement à la fin des années soixante que Shinjuku reprit son essor avec
le développement du quartier d'affaires à la sortie ouest de la gare...
Sur la place à la sortie est de la gare de Shinjuku il y a toujours une
foule de jeunes gens venus suivre les programmes télédiffusés sur l'écran
géant du studio Alta faisant face à la gare ou simplement rencontrer leurs
amis. Le quartier de Shinjuku abrite aussi un parc magnifique: Shinjuku
Gyo. Ce parc est composé d'une immense pelouse centrale et de trois jardins:
un japonais, un anglais et un français. Au printemps Shinjuku Gyoen est
envahi par des milliers de visiteurs venus jouir du splendide spectacle
qu'offrent les nombreux cerisiers en fleurs. Le parc est aussi renommé
pour son exhibition de chrysanthèmes en automne (les chrysanthèmes symbolisent
la famille impériale...).
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